Etape 12 – Roure – Nice

Etape 12 – Roure – Nice (80.0km, 3100 D+, 13h50, 100.000 pas)

Trace GPS sur Strava

Levé à 6h, je plonge rapidement sur St Sauveur à 400m d’altitude, le plus bas depuis le Léman. Remontée sur Rimplas (+540 m, déjà empruntée en 2002) : je veux couper des lacets et me retrouve enchevêtré dans des ronces. Je jure, je me débats. A nouveau sur le GR, je remarque que j’ai perdu une flask dans l’aventure, la seule qui ne fuyait pas. C’en est trop !

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Utelle

Il ne m’en faut pas plus pour me décider à aller sur Nice ce soir ! Ça donnera au moins du piment à cette journée dont je n’attendais rien. Je suis à fond dans Rimplas tout en consultant les horaires SNCF (c’est la misère, après 20h, on dirait que Nice est aussi mal desservi que la Vallée Etroite). Je fais part de ce projet à ma femme (en vacances dans le secteur), elle veut bien venir à Nice ce soir. Je me donne bien, remotivé par le défi. Je trouve un randonneur Suisse qui monte très bien dans le col des deux Caïres (+1100m depuis le fond de vallée). On discute de mon sac. Ensuite, un itinéraire sur crête avec des montées/descentes dans la forêt, vraiment rien de palpitant. De plus, le balisage n’est pas toujours évident. La source de la Brasque est très rafraîchissante et ça continue dans une succession de up-and-down jusqu’au Brec d’Utelle. J’y croise trois gars mal équipés qui vont tenter de rejoindre St Dalmas Valdeblore, je leur souhaite bien du courage.  Dans la descente finale sur Utelle, plutôt roulante, un groupe s’écarte et me fait une haie d’honneur pour m’encourager dans une ambiance bon enfant. Je rejoins Utelle, mon étape programmée du jour à 14h… confirmation que Nice sera pour ce soir ! (il reste 38km)

La descente sur le Cros d’Utelle commence par du plat puis plonge directement, je m’attendais plutôt à 10km de descente plaisir. Je recharge encore en eau et me gave (“faire le chameau”) car on atteint les 35 degrés dans le fond de vallée. Thym, oliviers, cigales … les quelques brises font beaucoup de bien. J’entame ce que je croyais être la dernière grosse montée sur Levens (+450 m) et, erreur fatale, je ne ravitaille pas en eau croyant en avoir assez pour Aspremont. S’en suit une section galère avec des faux plats montants et petites descentes abruptes : tout est fait pour ne pas courir. C’est à peine 200m D+ au total mais qui me semblent gigantesques sur l’instant. Je rationne l’eau. Ça monte encore sur les flancs du Mont Cima (le GR va presque au dessus). Je n’ai plus d’eau, je pisse orange, je suis à bout de force et les jurons fusent sur les créateurs de ce GR5.

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Nice, enfin.

Heureusement, Aspremont apparaît brusquement à mon grand soulagement. Direction le cimetière pour un robinet. Je me gave d’un litre directement, remplis tous mes contenants et je suis hyper reboosté pour la dernière montée de ce GR5. Et avec un corps bien hydraté, elle sera avalée sans peine. Je transpire à fond et le sel irrite mon dos avec le frottement du sac. Sur les flancs du mont Chauve, je trône enfin au dessus de Nice et son agglomération. Le soleil décline, comprenant qu’il ne peut y en avoir qu’un au sommet. Je commence à réaliser ce que je viens de faire. Le chemin est très caillouteux, achevant ce qu’il reste de mes plantes de pied. Il reste à parachever ce périple en traversant, carte à la main, la ville de Nice. Les dernières descentes sur bitume flinguent définitivement mes quadris. Ici, l’air pue mais les gens sentent bon, tout l’inverse de la montagne. Aérien, je trottine entre les terrasses de kebabs et pizzerias, en foulée discrète, suant et taché de sel . Je suis ignoré et je les ignore, les passants ne sont que des poteaux mouvants pour moi. Une seule chose m’importe : la Méditerranée. Soudain le couloir de façades prend fin. Le béton fait place au bleu. En un instant je repasse tout ce GR5 dans ma tête. Qu’elles sont loin les vertes pentes savoyardes du début. Les larmes me montent. Je descends sur la plage, enlève mes chaussures. L’eau froide vient soulager mes pieds. Je ne peux pas aller plus loin…

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Polopopo…j’ai fini !

Je demande à me faire prendre en photo. Les galets et l’eau froide c’est le best massage ever pour la plante des pieds ! Je veux prendre un bus vers l’aéroport ou j’ai donné rendez-vous à ma moitié, je fais un petit malaise (je m’assois discrètement pour ne pas tomber). Comme un clodo, je me lave dans les toilettes de l’aéroport. Enfin ma femme arrive, quel réconfort. On va se taper un McDo. J’engloutis tout avec facilité, j’ai encore faim après. Sur la route je lui raconterai mon périple.

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