Etape 9 – Ceillac – Larche

Etape 9 – Ceillac – Larche (40.2km, 2300 D+, 9h12, 58.000 pas)

Trace GPS sur Strava

Je me lève à 6h30 pour partir avant tout le monde. Le début est plat vers la cascade de la Pisse que je refuse de visiter car je reviendrai dans le Queyras dans deux semaines pour des vacances en famille. Montée dans les mélèzes durant laquelle je chante du Gainsbourg pour passer le temps. Le lac Miroir reflète effectivement le pic de la Font Sancte mais il y a un peu trop de végétation pour garantir un effet optimal.

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Pic de la Font Sancte dans le lac Miroir

Après avoir croisé une bergère et ses trois chiens, un petit raidillon dans les pistes de ski mène au lac Ste Anne, d’un bleu turquoise. Derrière, le pic de la Font Sancte est superbe, dramatique ; je ne m’attendais plus à voir des montagnes si impressionnantes dans le Sud de la traversée. Enfin, une troisième grimpette ardue me mène au sommet du col Girardin (2700m), très aride après 1250 m d’ascension depuis Ceillac. Magnifiques vues sur les glaciers de la Barre des Ecrins au Nord-Est et l’aiguille de Chambeyron au Sud.

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No man’s land

Descente abrupte et replat (potentiel coin à bivouac). Je rencontre mon premier troupeau gardé par les féroces patous : le GR m’emmenant vers les moutons, je me fais rappeler immédiatement à l’ordre. Je sors donc tranquillement du chemin en me faisant escorter par un chien tandis que le berger soigne un agneau. Ensuite la descente reprend de plus belle à travers des buissons épineux jusqu’au hameau de la Barge (-1000m depuis le col). Ensuite ce sont les fameux 10 km de bitume jusqu’au pont du Châtelet. Vive la course dans ce cas ! Cette partie sera torchée en moins d’une heure. Il y a des tentatives de musardage du GR pour quitter la route mais je préfère y rester, maintenant une vitesse constante. Lancé entre deux falaises, le pont du Châtelet est vraiment vertigineux.

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Je me fais un point d’honneur à rallier Fouillouse pour y manger. La montée est rude (+400m) mais j’envoie bien. Si bien que je surprends une mamy qui se défroque devant moi et me présente son cul pour pisser, elle ne m’avait pas entendu venir (ce n’est pas faute de faire claquer mes bâtons, je compte prendre un cloche à ours/mamy la prochaine fois). Je suis à Fouillouse à midi, encore une fois un peu tôt donc je m’attable au refuge pour une bonne salade montagnarde (tomme de l’Ubaye, jambon de pays, tomate, melon, oeuf poché et pause de 50 min).

Je repars un peu alourdi pour le col du Vallonnet (+600 m), plutôt facile dans lequel je remonte les randonneurs. Après le col (2524m), on bascule dans le vallon suspendu dominé par la Meyna (3097m) : ambiance très spéciale, une sorte de “sérénité austère”, silence total, aucun vent. Ici, les marmottes pullulent par dizaines. Arrivé au fort abandonné, j’explore un peu les dortoirs et les toilettes sèches (visiblement encore utilisées par les randonneurs). La troisième flask s’est déversée dans mon sac (point de pression ?), certaines notes sont mouillées mais toujours lisibles.

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Baraquements de Viraysse à l’approche du col de Mallemort (2558m)

Descente plus joyeuse et surtout rapide sur Larche (-950 m). Je donne rendez-vous en bas à d’autres randonneurs anglophones… mais je ne les verrai pas : ils vont à l’auberge, moi au gîte. J’arrive bien trop tôt à 16h. Je prends ma douche en oubliant la serviette dans le dortoir… obligé de m’essuyer avec mes affaires sales. Le tout ira sécher au soleil, ainsi que les cartes et notes trempées. Le dortoir est assez amusant avec des échelles partout, on dirait un accrobranche. Une femme malade s’y repose. J’en profite pour tirer mon chapeau à la gardienne du gîte GTA qui remplit vraiment son rôle en prenant les itinéraires de tous ses invités (à la venue comme au départ), ça peut servir en cas de pépin.

Comme chaque soir, beaucoup de gens sont éberlués d’entendre mes étapes (souvent des endroits où ils étaient il y a 2 ou 3 jours), pourtant, dans mon état d’esprit “trail plaisir”, il n’y a pas exploit. On ne fait juste pas la même chose, il n’y a pas de comparaison à faire. Je dîne à côté du mec le plus antipathique du monde. Il ne répond pas aux questions (Vous faites le GR5 ? Non. Vous faites quoi alors? silence), fait des phrases bizarres (Vous venez d’où ? Je suis européen), demande spécifiquement de la “purée de piment” pour accompagner son plat et n’a pas de sourcils. Il va ronfler toute la nuit et se permettra d’ouvrir la fenêtre pour son confort personnel. Le genre de vieux qui va te faire une leçon sur le savoir vivre alors que c’est lui qui en manque le plus (espèce très fréquente dans les refuges visiblement). Dîner : terrine aux poivrons, fucking polenta+saucisse, salade fromage, mousse au chocolat.

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